Activités de Bob le coureur en rapport avec la course à pied : entraînements, course, bobos...
Une fois n'est toujours pas coutume, cet article ne traite ni d'un entraînement, ni d'une course, mais d'un test de condition/capacité physique. Le Footing Club avec lequel je m'entraîne encourage ses membres à effectuer à intervalles réguliers (selon son niveau de compétition) un test de condition physique. Le membres du Footing Club profitent d'un rabais de 20% sur le montant du test si ils l'effectuent dans l'unité de médecine sportive du CHUV. En effet, son directeur, le Dr Gérald Grémion est aussi membre du Footing (je l'ai dans mes listes de cotisants), bien que je n'aie jamais eu l'occasion de le rencontrer à l'entraînement, j'ai assisté à une de ses présentations lors du mini stage marathon début 2010 (Mini stage marathon - Test VMA ).
Comme beaucoup de membres du Footing autour de moi avaient effectué ce test (comme Linda ou Valérie - Blog de Valcox), je me suis dit que c'était mon tour. Pour la petite histoire, en comparant nos résultats avec Linda, nous avons remarqué qu'elle avait effectué son test le 20 juillet 2010, soit exactement une année avant moi. J'ai appelé début juin pour prendre rendez-vous, mais les premières places disponibles ne l'étaient que mi-juillet. Les instructions que j'ai reçues téléphoniquement étaient de me présenter 15 minutes avant le test à l'hôpital orthopédique pour les formalités et de prendre mes affaires de sport.
Le blog de Valérie contenait un lien très intéressant (Manuel de référence) décrivant le protocole du test, et je m'en suis servi pour assurer une préparation optimale au test. Suite à ma participation assez épuisante samedi au CR 28ème Tour des Alpages - Anzère (16 juillet 2011), je m'étais proposé de récupérer un peu avant le test de mercredi, avec un petit entraînement lundi. Vues les conditions météo et une motivation en baisse, je ferai finalement l'impasse sur l'entraînement de lundi, ainsi que celui non-officiel du Footing Club de mardi (Linda aussi, s'entraînera en solo mardi). C'est donc avec trois jours de repos "dans les jambes" que je me présente à ce test, ce qui n'est pas des plus désagréables...
Je quitte donc mon travail et prends le M2 pour arriver comme convenu à 14h45 devant l'hôpital orthopédique. La flèche montre la salle où le test a eu lieu. Pour la petite histoire, c'est dans ce bâtiment que Linda travaille, au 7ème et dernier étage.
J'entre donc par l'entrée principale et m'annonce à la réception. On m'indique alors de passer à l'admission, qui est constituée de plusieurs boxes situés approximativement derrière le panneau
"interdiction de stationner" sur la photo ci-dessus. Je décline mon identité (au moyen de ma carte d'identité et celle de mon assurance maladie) et le collaborateur me pose des questions précises
tout en entrant des informations dans son terminal. Après quelques minutes efficaces, il imprime des étiquettes et m'indique de monter au 4ème. Sur les papiers qu'il me remet, je constaterai
qu'il y a des informations que je ne lui ai pas données, donc mon dossier était déjà présent dans le système et une bonne partie des questions posées avaient pour but de confirmer les données
dans le système - c'est rassurant de savoir que mon cas est déjà sous contrôle
.
Comme je ne trouve pas d'escalier, je prends l'ascenseur pour le 4ème et ai la surprise de ne monter que d'un étage. En effet, topographie de Lausanne oblige, l'entrée principale de l'hôpital orthopédique est au 3ème étage...
Arrivé au 4ème, les indications fléchées m'amènent facilement à l'unité de médecine du sport. A l'entrée d'un bureau qui semble être le secrétariat de l'unité se trouve une feuille qui nous invite à nous annoncer. Ce que je fait.
Je suis alors apostrophé par le boss de l'unité, le Dr Gérald Gremion (ci-dessous), qui me demande "C'est vous Bob le coureur !". Je ne peux qu'acquiescer, un peu surpris par la popularité inattendue en ces lieux de mon modeste blog ! Il s'avère que le Dr Grémion et son épouse lisent donc mon blog (malgré mes précautions de sioux, ils ont réussi à démasquer mon pseudonyme) et le trouvent drôle (j'aurais dit en***ant, mais chacun ses goûts). Cela met donc un peu de pression sur ce compte rendu, car il sera lu par un spécialiste, qui plus est dans hiérarchie professionnelle de Linda...
Alors que je discute avec le Dr Gremion, l'infirmière en charge du test vient me trouver. Le Dr Gremion lui annonce que c'est "Bob le coureur", elle n'a pas l'air de saisir l'allusion. Je fixe le plafond.
L'infirmière est Chantal Daucourt - je l'apprendrai un peu plus tard du Dr Gremion - ex-championne
d'Europe ![]()
de VTT ! Elle
m'indique l'emplacement du vestiaire homme où je vais me mettre en habits de course.
Je pénètre ensuite dans la salle où le test va avoir lieu. Au centre se trouve le tapis de course sur lequel l'essentiel du test va se dérouler. La photo ci-dessous montre Chantal sur le tapis que je vais fouler durant l'heure à venir.
Chantal enclenche le tapis à 7.5 km/h pour que je m'échauffe. Je ne suis pas très à l'aise sur ce type d'engin, ma seule expérience étant celle des essais de baskets chez New Concept. Néanmoins, l'engin est ici bien plus large, et je m'y habitue rapidement. Chantal me demande de courir un peu plus près de la barre, ce que je garderai en tête durant tout le test.
Elle me posera ensuite quelques questions sur mon état avant le test, qui sont résumées dans le rapport ci-dessous. M'étant renseigné sur le protocole auparavant, je suis un peu surpris qu'il n'y ait pas de question sur la prise d'alcool dans les jours/heures précédant le test. Selon le protocole, je me suis proactivement abstenu depuis 72 heures. Le rapport indique "aucun" alcool dans les 12h précédant le test, alors que cette question ne m'a pas été posée. Je peux comprendre que ce genre de question soit plutôt gênant et sauté dans le cas général.
Chantal me tend une ceinture cardio-fréquence-mètre Polar que j'ai un peu de peine à positionner, le mécanisme de fermeture étant assez différent de celui de ma Garmin. Le test débute par une phase d'échauffement. Le tapis est mis à 7 km/h, j'ai quelques minutes pour m'habituer à courir sur ce type d'engin. Vu ma forme, Chantal montera le tapis à 8 km/h.
Le principe du test est le suivant. Lors d'un effort prolongé, l'organisme produit de l'acide lactique. Contrairement à ce que l'on pensait il y a encore peu, cet acide lactique n'est pas une sorte de déchet délétère de l'activité musculaire qui empoisonne les muscles et cause crampes ou courbatures. Il s'agit d'un produit intermédiaire et nécessaire de la chaîne énergétique qui permet à l'organisme de développer sa puissance lors d'activités d'endurance. Le lactacte est donc une forme de carburant, mais les muscles ne sont capables de n'en utiliser qu'une certaine quantité. Cela veut dire qu'à partir d'un certain niveau d'effort, l'organisme produit plus de lactate que les muscles ne peuvent en consommer. La concentration de lactacte dans l'organisme augmente alors, ce qui indique une "saturation" du métabolisme aérobique. Des études ont montré que la zone à partir de laquelle la quantité d'acide lactique devient trop élevée pour que les muscles arrivent à la consommer correspond à la limite supérieure de l'endurance. De manière simplifiée : la zone d'endurance dure tant que les lactates sont consommés aussi vite qu'ils sont produits.
Le test consiste donc à faire courir le sujet par paliers de plus en plus rapides et de mesurer la concentration des lactates après chaque palier. La valeur plus ou moins arbitraire de 4.0 mmol/l est définie comme la concentration à partir de laquelle l'organisme n'est plus capable de consommer le lactate aussi vite qu'il est produit.
Chantal m'explique le protocole du test. La seule différence par rapport au protocole Swiss Olympic est que les paliers seront échelonnés de 1.5 km/h, au lieu de 1.8km/h. Ceci me réconforte, car je trouvais que 1.8 km/h était un saut énorme surtout dans les hautes vitesses. Il s'agira donc de courir des séries de 3 minutes en commençant à 8 km/h, en augmentant de 1.5 km/h à chaque série, avec 30 secondes de récupération entre chaque série. Le test ressemblera donc à un circuit kényan, exercice qui me convient.
Ci-dessous, Chantal en tenue d'infirmière, fait passer un test à un cycliste.
Après chaque série, je dois indiquer mon estimation de l'effort effectué selon l'échelle de Borg ci-dessous. Le tapis dispose d'un écran qui m'indique notamment la durée écoulée, donc je sais à peu près où j'en suis dans mes séries. Le cardio-fréquence-mètre n'est par contre pas relié à l'appareil mais à une montre Polar qui est fixée sur le montant du tapis, mais selon un angle qui ne me permet pas de la consulter pendant que je cours.
Le test débute à 8 km/h. Pas de problème. Après les 3 minutes, le tapis passe à 4 km/h, ce qui fait que je ne peux vraiment m'arrêter et dois marcher. Chantal me pique au doigt pour prélever un peu de sang et mesurer mon taux de lactate. Comme cela m'arrive souvent lors de ce type de prise de sang, qui plus est en plein effort, un jet soudain la surprend et elle devra changer de gants. Les 30 secondes de récupération seront donc par la suite occupées en grande partie par la prise de sang qui s'opère en marchant à 4 km/h plutôt qu'à l'arrêt.
Le paysage durant le test. A l'époque où j'ai connu Linda, elle travaillait dans le bâtiment de gauche (hôpital Nestlé)
Après la seconde série, Chantal n'a pas besoin de me repiquer, la perforation dans mon doigt se rouvre sur pression pour libérer du sang. Il en sera ainsi jusqu'à l'avant dernière série, à laquelle il faudra me repiquer. Mon doigt en gardera un beau "bleu" douloureux le soir suivant.
La vitesse augmente de série en série, et Chantal propose d'ouvrir le fenêtre et d'enclencher le ventilateur, ce que j'accepte volontiers ! A 14 km/h cela devient sérieux, mais gérable. Le palier suivant à 15.5 km/h est rapide, mais je le tiens sans problème. A 17.0 km/h, c'est vraiment vite pour moi, mais je m'imagine en situation de course et ça passe assez bien. Je transpire quand même pas mal et j'oublie de regarder où en sont mes pulses durant la pause/prise de sang. Il faut dire qu'entre le ralentissement du tapis, la prise de sang et l'accélération du tapis, il ne reste pas vraiment beaucoup de temps dans les 30 secondes pour récupérer. Chantal m'encourage (c'est dans le protocole) quand ça commence à être dur.
Après 17.0 km/h, Chantal me demande si je veux continuer. J'acquiesce et lui demande d'être prête à arrêter le tapis à mon signal. A 18.5 km/h, je sens que c'est vraiment très vite pour moi, mais le but est d'y aller à fond, alors j'y vais. Après une minute, je sens que mes muscles des cuisses commencent à tétaniser et j'annonce que je veux arrêter. Chantal me motive pour que je tienne jusqu'à 1'30" soit la moitié de l'intervalle, que j'atteins, avec grand peine. Alors que le tapis s'arrête, je constate que ma FC est à 175, conforme à ma FC max - je me suis donc bien donné à fond. Selon le protocole, on considérera donc que j'ai accompli la moitié du palier entre 17.0 et 18.5 km/h, soit 17.7 km/h.
Après le test, le tapis est remis à une vitesse footing pour la récup'. J'en profiterai encore 5 minutes pendant que Chantal prépare le rapport. En descendant du tapis après une demi-heure, j'ai la surprise de sentir toute la pièce se dérober sous mes baskets - mon système d'équilibre s'était habitué à courir sans déplacement relatif et il surcompense. Après quelques pas d'ivrogne, je retrouve mon équilibre.
Chantal me propose d'aller me doucher et me changer pendant qu'elle prépare le rapport. J'avais pour ma part prévu de courir quelques km après le test, histoire de compenser l'entraînement sauté de mardi. Je vais donc sortir de la salle de test et converser avec le Dr Gremion sur l'étape du jour du Tour de France en attendant.
Ayant récupéré mes affaires et rafraîchi mon visage, je retourne vers Chantal pour le verdict. Il est résumé dans le graphique ci-dessous, sur lequel j'ai mis en évidence en couleur les paramètres significatifs.
Le test montre les résultats suivants :
Le seuil de 4 mmol/l (en vert) , c'est-à-dire le seuil à partir duquel je quitte l'endurance (en bleu), est à une vitesse de 14.1 km/h et une fréquence cardiaque de 155 b/m.
Ma vitesse maximale (en rouge) est de 17.7 km/h et fréquence cardiaque de 175 b/m.
Ma VO2max "théorique" est de 57 mml/kg/min (appréciation : excellent
).
Endurance aérobie : spécifique au sport : très bonne
/ générale : excellente
.
Ces résultats sont à comparer à ceux, plus empiriques, du test effectué en mars lors de Test VO2Max + retour (FCL) .
Finalement, ce test a confirmé de manière quantitative et calibrée des paramètres que je connaissais déjà - c'est donc sur une base solide et avec des objectifs réalistes que je peux envisager mes objectifs à venir. Rien que pour l'absence de surprise, l'investissement en temps et en finance dans ce tests est pour moi pleinement justifié !